Côte d’Ivoire : après la CEI, Laurent Gbagbo recadre Lida Kouassi

Elections législatives – A l’occasion de sa dernière journée de campagne dans la circonscription de Lakota, le candidat du front populaire ivoirien, Lida Kouassi Moise, a tenu des propos qualifiés de xénophobie à l’endroit de son principal rival, le candidat du RHDP Abdoulaye Kouyaté. Dans un communiqué relatif aux législatives, Laurent Gbagbo n’a pas manqué de recadrer son ancien ministre.

Laurent Gbagbo se désolidarise de Lida Kouassi Moïse, candidat de l’opposition dans la circonscription électorale de Lakota. Opposé au candidat du RHDP Abdoulaye Kouyaté, l’ancien ministre ivoirien a été déclaré perdant dans ce scrutin législatif dans sa propre région. Plusieurs personnalités ont élevé une vive protestation contre le ministre ivoirien suite à ses propos tenus pendant la dernière journée de campagne électorale. La commission électorale indépendante avait même annoncé qu’elle se réservait le droit de poursuivre le candidat de l’opposition pour ses graves dérapages à l’endroit de son principal concurrent dans sa circonscription électorale. Depuis la Belgique où il se trouve, le président fondateur du front populaire ivoirien, l’ancien dirigeant Laurent Gbagbo, n’a pas manqué de dénoncer les propos tribalistes tenus par certains de ses partisans, notamment son ancien ministre Lida Kouassi Moïse.

Malgré sa défaite aux législatives dans sa circonscription, le ministre Lida Kouassi Moïse est une nouvelle fois monté au créneau pour dénoncer l’élection de son rival comme député de la circonscription électorale de Lakota : «Je persiste et je signe, dussai-je retourner en prison pour cela : monsieur Kouyaté, même élu par bourrage des urnes et par l’achat des consciences à coup d’argent, ne peut représenter les populations dida et godié de Lakota à l’Assemblée nationale. Monsieur Kouyaté n’est que le représentant de la communauté des nordistes à Lakota. Son élection à Lakota signifie que les populations dida et godié de Lakota ne seront pas représentées à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire durant la prochaine législature. Monsieur Kouyaté qui dit avoir pris les armes contre la mère patrie en 2002 et 2011, parce-que le nord est marginalisé et peu développé, devrait se présenter chez lui, à Minignan, pour oeuvrer au rattrapage du développement du nord, sa région d’origine. Exprimer cette vérité n’a rien à voir avec la xénophobie!». Depuis la Belgique, Laurent Gbagbo n’a pas mis du temps à réagir aux propos tenus par son ancien ministre, félicitant au passage les candidats de l’opposition élus pendant ces législatives : «Après les élections législatives du 06 mars 2021qui viennent de se tenir, je voudrais saluer le peuple de Côte d’Ivoire, chaque ivoirienne et chaque ivoirien d’avoir accompli leur devoir civique dans le calme qui a régné dans l’ensemble, pendant ce scrutin. Je salue particulièrement les militantes et militants de l’opposition, notamment ceux de la plateforme politique Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) et du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui ont répondu, dans la discipline, à l’appel de leur parti et groupement politique. Je félicite les cadres de EDS et du PDCI à qui les ivoiriens ont accordé leurs suffrages pour les représenter au Parlement, lieu par excellence de l’exercice de la démocratie dont la quête est notre combat permanent. Le Front Populaire Ivoirien se félicite de l’élection de certains de ses cadres que j’engage, dès maintenant, à poursuivre ce combat de la liberté, de l’égalité et de la solidarité qui sont pour nous des valeurs qui fondent la création d’une nation.», lisons-nous dans un communiqué de l’ex-président ivoirien.

Non à la haine

«C’est le lieu de regretter et de dénoncer les propos tenus, pendant la campagne, par certains candidats, parfois issus de nos rangs et qui sortent du cadre de nos choix politiques et idéologiques. Il reste entendu que la pratique constante de la xénophobie et de l’exclusion comme choix politique affiché par certains partis ou groupements politiques ivoiriens, qui n’ont ni la même culture ni la même histoire que le FPI, ne peut constituer un exemple à suivre sur le contraignant chemin de la démocratie et de la liberté.», explique Laurent Gbagbo.

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