Déchets toxiques déversés en Côte d’Ivoire : des questions toujours sans réponse

par Kohan Kioshiko
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DECHETS TOXIQUES ABIDJAN – 13 ans après le scandale écologique qui a secoué la capitale économique ivoirienne, certaines victimes réclament toujours justice, à travers bien sur des réparations financières. Aussi, de nombreuses suspicions planent sur un richissime homme d’affaires ivoirien, soupçonné d’avoir détourné une partie de l’argent destinée à l’indemnisation des victimes.

C’est en août 2006 que le Navire Probo Koala affrété par le géant pétrolier Trafigura, déversait  540 000 litres dans plusieurs périphéries de la capitale économique ivoirienne. Après l’éclatement du scandale, un arrangement pécuniaire entre l’Etat ivoirien et Trafigura avait permis aux autorités ivoiriennes de l’époque de percevoir 152 millions d’euros, en guise de dédommagement des victimes. Mais face à la prolifération des associations de victimes, certaines plaignants n’ont pas été indemnisés. 13 ans après le scandale écologique, certaines victimes s’accrochent encore à l’espoir d’une possible indemnisation. Mais cette fois, ce n’est pas Trafigura qui passerait à la caisse, puisque certaines victimes du probo Koala ont dans leur collimateur l’homme d’affaires du régime ivoirien, Adama Bictogo.

La pollution des déchets toxiques en Côte d’Ivoire est une page qui se tourne en laissant de nombreuses interrogations. 13 ans après l’éclatement du scandale, des milliers de victimes réclament encore indemnisation. Mais Trafigura s’est mis à l’abri de toutes poursuites judiciaires après un arrangement pécuniaire avec l’état ivoirien. Le géant pétrolier a obtenu de la Côte d’Ivoire l’abandon des charges, en contrepartie d’un dédommagement dont le montant s’élevait à 152 millions d’euros. Une partie de cet argent a été redistribuée aux victimes à travers les associations mises en place, tandis qu’une tranche de cette somme a été investie dans le processus de dépollution des déchets toxiques. Le déversement de la boue toxique le 20 août 2006 a eu de nombreuses conséquences, aussi bien sur le plan écologique que sur le plan sanitaire pour les victimes. Près de 13 ans après le scandale écologique, comment certaines victimes peuvent-elles encore se faire indemniser ? Le média panafricain Jeune Afrique nous livre quelques éléments de réponse dans l’un de ses articles en ligne consacré au scandale des déchets toxiques. D’après le média d’actualité africaine (André Silver Konan), «Après plusieurs années de tractations, des victimes réunies au sein du Réseau national pour la défense des droits des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (RENADVIDET-CI) ont porté plainte contre l’ex-ministre Adama Bictogo, qu’ils accusent de détournement de fonds… Jeudi 21 février, le RENADVIDET-CI, qui revendique parler au nom de plus de 842 victimes, a introduit une « action en restitution d’indu et en dommages et intérêts » à l’ encontre d’Adama Bictogo.». Lorsque le scandale a éclaté il y’a plus d’une dizaine d’années, l’homme d’affaires ivoirien avait été désigné par une association des victimes pour jouer les bons offices auprès du géant pétrolier pour le compte des plaignants. Mais il y’a sept ans, des milliers de victimes déposaient plainte contre Bictogo pour détournement de plus de 7 millions d’euros dans l’affaire des déchets toxiques, un scandale qui lui coutera son poste au gouvernement. Mais jusqu’à ce jour, nul ne sait si les soupçons de détournement émis par des victimes reposent sur des faits tangibles ou s’il s’agit d’accusations infondées.

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Quid de la matière toxique déversée à Abidjan

«Si nous saluons les réponses apportées par le rapport du PNUE, de nombreux points d’interrogation demeurent. Que contenaient exactement les déchets toxiques déversés à Abidjan ?», s’interroge Amnesty International dans un rapport sur le scandale écologique qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2006. L’affaire Trafigura étant dans une certaine mesure déjà classée aux archives, les victimes ne connaîtront probablement jamais le niveau de dangerosité des boues toxiques déversées dans la capitale économique ivoirien il y’a de cela treize ans, encore moins si elles contiennent des substances cancérigènes. Mais sait-on jamais!

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