Le préfet d’Abidjan déplore la mendicité des jeunes ivoiriens

Toh Bi Vincent – La capitale économique ivoirienne draine de plus en plus de monde. Avec une population estimée à plus de 4,7 millions d’habitants à ce jour, Abidjan est confrontée à l’instar des autres grandes villes africaines, au problème du chômage qui touche de plus en plus les jeunes. Outre les difficultés à trouver un emploi dans certains secteurs d’activités, il y’a également des jeunes qui ont choisi la voie de la facilité pour gagner leur vie. Dans la commune de plateau pas rare aujourd’hui de voir certains jeunes s’installer aux alentours de grands restaurants du quartier des affaires. Objectif, mendier quelques pécules aux hautes personnalités qui viendront déjeuner dans ces grands restaurants. Le préfet de la capitale économique ivoirienne a dénoncé ce jour cette forme de mendicité en pleine effervescence dans la capitale économique ivoirienne.

Le préfet d’Abidjan compte-t-il aller en guerre prochainement contre certains jeunes de la commune de Plateau, qui passent leur journée à mendier ? Seule certitude, Toh Bi Vincent s’est longuement attardé sur le phénomène de la mendicité dans la capitale économique ivoirienne, plus précisément dans le quartier des affaires. Installés aux alentours des grands restaurants de la capitale économique ivoirienne, une frange de la jeunesse a fait de la mendicité son gagne-pain quotidien dans le quartier des affaires. Ces jeunes qui ne présentent pour la plupart aucun handicap physique accostent souvent les personnalités qui viennent déjeuner dans les grands restaurants de la capitale économique ivoirienne pour leur demander de l’argent. Grâce à la générosité des bonnes âmes, ces jeunes peuvent facilement se faire entre 10 à 20 milles francs Cfa par jour, voire même plus. Le préfet d’Abidjan déplore cette forme de gain d’argent facile à laquelle s’adonne une partie de la jeunesse ivoirienne.

«Je suis toujours surpris, dans mes balades à Abidjan quand je vois des gens distribuer des liasses de billets de banques à des personnes qui n’ont rien fait et qui ne le méritent pas.  Je reçois toujours à mon bureau des personnes de classes sociales difficiles, des handicapés, des Albinos, des Sourds et Muets, des aveugles, des orphelins, des veuves, des déscolarisés, dès sans-emplois, des personnes âgées, qui refusent la charité et qui demandent seulement une amélioration de leurs conditions de vie ou un emploi… Je vois des mères et des pères de familles qui travaillent dur. Je suis témoin des jeunes filles qui vendent des produits à la sauvette pour gagner leurs vies. Je vois comment sur les routes rurales et dans les marchés des grandes villes, les produits de nos mamans sont sous payés par des clients impitoyables et intraitables, maîtres des « barka » et « gouassou » .  Mais cette masse de travailleurs laborieux est toujours à la tâche pour mériter leurs pitances quotidiennes et pour construire Abidjan.  L’argent coûte cher. Il faut le mériter. C’est le principe de toute société, surtout des sociétés avancées où vous verrez peu de personnes recevoir en permanence de l’argent dans les rues, si elles ne fournissent un service conséquent en retour», indique ce lundi l’ancien maire intérimaire de la commune de Plateau. Pour Toh Bi Vincent, certains donateurs inciteraient sans le savoir, les jeunes à la mendicité, puisque ces jeunes peuvent facilement s’en sortir avec 30 000 milles francs Cfa par jour en mendiant, somme qu’ils ne pourraient gagner avec une petite activité rémunératrice de revenus. Des familles entières vivraient aujourd’hui dans la capitale économique ivoirienne grâce à la mendicité.

Donner aux plus méritants

«Il faut respecter l’argent et nous n’aidons pas ceux qui ne veulent fournir aucun effort …Loin de moi l’idée séditieuse d’inciter à la fin de la charité. Je voudrais juste souligner que notre solidarité les uns à l’égard des autres doit être positive. Donnons à ceux qui le méritent vraiment, en raison de leurs situations sociales ou physiques ou de leur ardeur au travail. Mais n’encourageons pas la fainéantise car tant de personnes dans la Capitale économique travaillent dur pour gagner honnêtement leurs vies .», fait savoir le préfet d’Abidjan ce lundi.

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