Liberté de la presse : des associations inquiètes pour les journalistes ivoiriens

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Liberté de la presse – Les journalistes ivoiriens sont régulièrement interpellés sur la nécessité de suivre les règles déontologiques qui régissent leur métier. Il y’a quelques jours certains journalistes de l’opposition ont été convoqués et traduits devant dans la justice ivoirienne. Ces journalistes de l’opposition ont écopé d’une lourde amende pour avoir diffusé dans leur colonnes un communiqué du collectif des avocats d’un détenu ivoirien qui à en croire le communiqué était gravement malade.

Reporters Sans Frontières n’a pas mis du temps à réagir la récente interpellation de trois journalistes ivoiriens, des journalistes exerçant pour des médias de l’opposition ivoirienne. Ces hommes de médias interpellés dans l’exercice de leurs fonctions ont écopé chacun d’une lourde amende, conformément à la loi de la presse sur la diffusion de fausses nouvelles en Côte d d’Ivoire. Avec cette nouvelle interpellation, deux associations qui militent pour la liberté de la presse ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation des journalistes ivoiriens. Pour l’APE, l’Association de la presse étrangère, la récente interpellation des journalistes de l’opposition, au motif d’avoir diffusé un communiqué des avocats, constitue une violation de la liberté de la presse. L’ONG Reporters Sans Frontières, a aussi réagi à l’arrestation de trois journalistes ivoiriens de l’opposition dans l’exercice de leur fonction.

«Le 25 mars Cissé Sindou, le directeur de publication du quotidien Générations Nouvelles, Yacouba Gbané directeur de publication du quotidien le temps et l’un de ses journalistes ont été également condamnés à payer 5 millions de FCFA chacun.  L’Association de la Presse Etrangère en Côte d’Ivoire (Ape ci) dénonce cette série de convocation des journalistes sur auto saisine du procureur de la république auprès du tribunal de première instance d’Abidjan. Alors que le monde entier est ébranlé par une crise sanitaire liée à la maladie à coronavirus (Covid-19) et que la presse est en première ligne de la sensibilisation pour éradiquer cette pandémie. La presse doit-elle être sanctionnée pour avoir diffusé un communiqué de presse d’un collectif d’avocat mandaté et reconnu, parce que jugé fausse par la justice ?  A l’avenir, la presse est-elle libre de diffuser les communiqués de presse comme sources fiables d’informations ou pas ? L’Apeci s’interroge et s’inquiète.», rapporte l’APE dans un communiqué relatif à la récente interpellation de trois journalistes ivoiriens. Si le pays a sensiblement progressé dans le classement des pays sur la liberté de la presse, des associations s’inquiètent de la convocation régulière des hommes de médias dans les brigades de gendarmerie. Pour Reporters Sans Frontières, c’est un procès de trop en Côte d’Ivoire fait aux journalistes dans l’exercice de leurs métiers : «C’est le troisième procès visant des journalistes indépendants ou proches de l’opposition au cours du seul mois de mars. Vamara Coulibaly, directeur de publication du journal indépendant L’Inter et Paul Koffi, directeur de publication du Nouveau Réveil, journal proche de l’opposition, ont été condamnés ce mardi 31 mars à payer une amende de 2,5 millions de francs CFA (3812 euros) chacun pour « diffusion de fausses nouvelles ». Le 29 mars, les deux médias avaient publié la lettre des avocats du député Alain Lobognon, arrêté le 23 décembre 2019 à Abidjan et aujourd’hui détenu à la prison d’Agboville.», lance Reporter sans frontière.

Une violation de la liberté de la presse

«Au-delà de son caractère grotesque, cette condamnation, qui s’ajoute à une série de sanctions pécuniaires ayant récemment visé des journalistes, porte sérieusement atteinte à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire alors que le pays avaient fait des progrès notables ces dernières années. Cela est d’autant plus regrettable dans un contexte de pandémie mondiale et à l’approche d’une élection présidentielle très attendue pour lesquelles le rôle des journalistes est absolument essentiel”. Dans un communiqué publié le mardi 31 mars 2020, l’Intersyndicale du secteur des médias en Côte d’Ivoire (ISMCI) qui regroupe 11 syndicats de la profession, a immédiatement condamné ces « amendes infondées ».», rapporte dans son communique l’Association Reporters Sans Frontières.

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