Relégué en Ligue 2, l’Africa va perdre des joueurs

L’Africa Sports national a été rétrogradé en Ligue 2 au terme de la saison 2020-2021. Une issue logique tant le club était embourbé dans une crise sans précédent depuis plusieurs mois.

Il y avait deux présidents à sa tête, Vagba Alexis et Bahi Antoine, ainsi que deux entraîneurs, Comara Yacouba et Diaby Almamy. Pris en étau, les joueurs étaient les grandes victimes. Ils ne percevaient même plus leurs salaires. Dans ce contexte, certains voudraient profiter de la relégation pour quitter le club.

Une dichotomie fatale

Ce fut un séisme dans le football ivoirien. L’Africa Sports national, 18 fois champion de Côte d’Ivoire, a été relégué en deuxième division au terme de la saison 2020-2021 de la Ligue 1. Une première dans son histoire, après 74 ans passés dans l’élite. Tout le long de cette saison, l’équipe n’a pas pu honorer son statut, avec seulement deux victoires durant les 14 journées et une dernière place de la poule A.

Cette descente en division inférieure paraît donc logique. Elle le paraît d’autant que le club était empêtré dans des conflits à n’en point finir. En effet, le club cher au mythique président Simplice de messe Zinsou faisant face à une palabre interminable au niveau de sa direction. Vagba Alexis et Bahi Antoine se disputait la présidence du club depuis plusieurs mois. Chacun de ses dirigeants a refusé de lâcher du lest. Résultat : l’Africa Sports national avait deux présidents et deux entraineurs (Comara Yacouba et Diaby Almamy).

Des salaires impayés

Pris en étau dans cette guerre d’égo, les joueurs se sont retrouvés sur le carreau. Les arriérés de salaires s’empilaient. Désemparés, ils ont dû manifester leur mécontentement en avril dernier. Ils avaient réclamé le reliquat de leur salaire de mars (dont 50% a été versé) et tout l’argent du mois d’avril. Certains avaient même brandi une banderole au stade Robert Champroux de Marcory le samedi 24 avril 2021, pour exiger leur subvention au Comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de Football (FIF). Une situation regrettable aux yeux d’anciens responsables et joueurs Verts et rouge qui estiment qu’il aurait été plus responsable que le club paie d’abord les joueurs en attendant les subventions de la FIF.

On connait l’histoire des rétrogradés

Face à tout cet imbroglio, le comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de football (CN-FIF) a mis l’Africa Sports d’Abidjan sous normalisation. Sa présidente, Madame Dao Gabala a écarté les deux présidents en conflits Vagba Alexis et Bahi Antoine pour imposer un intérimaire, le célèbre animateur télé Yves Zogbo Junior. Mais, il était déjà trop tard. Les Oyés descendent en Ligue 2, pour la première fois de leur histoire.

Le grand rival de l’Asec d’Abidjan y rejoint d’autres grandes formations comme le Stade d’Abidjan, le Sewe Sports, l’AS Denguelé et la JCAT. Alors que les supporteurs rêvent d’une remontée rapide dans l’élite grâce à un collectif de qualité, certains joueurs voudraient quitter le navire. Un sort fréquent pour les rétrogradés, surtout les grands clubs. Personne ne souhaitant évoluer loin des lampions… Cependant, les joueurs Oyé n’ont-ils pas raison de partir au regard du désordre qui règnent dans leur maison, sans oublier le mauvais traitement salarial ?

Aucune visibilité pour les joueurs

« La plupart des joueurs que j’ai fait venir et qui sont régulièrement en contact avec moi ne veulent plus rester dans ce cafouillage. Je pense qu’ils ont raison au vu de ce qui se passe dans le club, où il n’y a aucune visibilité », a justement expliqué Roger Boli, directeur sportif dans l’ex-comité exécutif du club. L’ancien footballeur de Lens se dit déçu du comportement des dirigeants de l’Africa Sports national, qui n’ont pas jugé bon de se rapprocher des joueurs pour savoir leur situation et surtout la régler. « En réalité, cela ne les intéresse même pas. Aucun joueur ne veut rester, ça je peux vous le garantir », a ajouté Roger Boli.

Tous en fin de contrat

Leur départ sera d’autant facile qu’ils sont pour la plupart en fin de contrat. Certains seraient déjà en contact avec des clubs de Ligue 1 comme le FC San Pedro et l’Asec d’Abidjan, d’autres avec l’étranger. « Zouzoua Pacôme, par exemple, a plusieurs contacts sur le plan local mais il est intéressé par une aventure à l’extérieur. Idem pour Ricky Hans qui est également très sollicité par des clubs de Ligue 1 en Côte d’Ivoire mais qui souhaite aussi aller à l’étranger », précise Roger Boli. D’autres comme Gbané Seydou, Yao Ablakor, Diabaté auraient aussi des envies d’ailleurs. Seul le Nigérian Tchiké Chikweze serait susceptible de rester à cause de sa blessure.

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