Bouaké: deuxième grande ville de Côte d’Ivoire

par Said Koyiami
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Bouaké est une ville située au centre de la Côte d’Ivoire à 350 Km environ d’Abidjan la capitale économique et à 106 Km de Yamoussoukro la capitale politique du pays.

Il est le chef-lieu du département homonyme de la région du Gbêkê qui tire son nom de Gbêkêkro, c’est ainsi qu’on appelait Bouaké au début du XXe siècle. Avec une population de 542.000 habitants et 1.500.000 si l’on prend en compte la périphérie, Bouaké est la 2e ville de Côte d’Ivoire après Abidjan et aussi le 3e pôle économique, toujours après ce dernier et San Pédro.

Bouaké est une ville stratégique a pour la Côte d’Ivoire grâce à son rôle dans le développement économique de la Côte d’Ivoire. Son histoire na aussi été marquée par des soubresauts politiques qui ont davantage conforté sa place dans la vie nationale. Jetons à présent un regard synopsis sur l’identité de la ville.

Bouaké : une histoire riche et mouvementée

Au XIXe siècle, Bouaké située au centre de la Côte d’Ivoire était un tout petit village Baoulé dirigé par un roi du nom de Gossan Kwa Gbeke dont le fils Kouassi Blé mena une résistance en 1898 contre les Français. Cette résistance se solda par la victoire des Français en 1900. Dès cet instant, ceux-ci installe un poste de commandant dans le village qu’on appelait alors Gbêkêkro. Les colons entreprennent alors des travaux pour fonder une nouvelle vile administrée et structurée. En 1910, Gbêkêkro devient une ville et prend le nom de Bouaké. Avec la création de la ligne de chemin de fer, la ville s’étend aux villages environnants. Avec l’indépendance, elle connait d’importants travaux publics qui constituent encore aujourd’hui l’essentiel des infrastructures de la ville. Cependant en 2002, la ville devient le fief d’une rébellion officiellement née d’une frustration identitaire et de contestations politiques contre le chef d’Etat d’alors Laurent Gbagbo. Dès lors, plus que jamais, Bouaké devient la rivale d’Abidjan dans tous les sens du terme. A la faveur de la fin de la crise poste électorale qui a secoué le pays en 2011, Bouaké revient dans la République sous la conduite du nouveau Président Alassane Dramane Ouattara. Malgré ce retour de la paix, Bouaké reste une ville où les tensions sont encore vives notamment cette année avec les nombreuses mutineries constatées dans l’affaire des « 8400 » et des « 2600 ».

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Géographie et démographie

La ville de Bouaké se trouve au centre de la Côte d’Ivoire sur un relief majoritairement plat. La ville est recouverte d’une savane boisée et traversée par la rivière Kan. Bouaké est située à 106 Km au nord de Yamoussoukro la capitale politique. L’on distingue quatre saisons dans Bouaké et dans sa région. Il s’agit de deux saisons chaudes qui s’étalent de novembre à juin et de deux saisons de pluies de juin à octobre. La température varie généralement entre 22°C et 35°C et la pluviométrie annuelle qui tourne autour de 1200 mm avec les deux extrêmes que sont Janvier (13 mm) et septembre (225 mm). La végétation comprend une savane arborée au nord et une forêt claire au sud ce qui permet certaines cultures comme le cacao.
En 2010, Bouaké comptait environ 659.223 habitants et plus d’un million cinq cent mille en prenant en compte les villages alentour. Cette population est constituée de plusieurs langues sont le nouchi, le dioula et le baoulé qui la langue des autochtones qui vivent dans la ville et dans la région du V Baoulé.

Economie de Bouaké

Jusque récemment la ville représentait le 3e centre économique du pays derrière Abidjan et San Pédro et juste devant Daloa, une ville au centre ouest du pays. Néanmoins, les crises à répétition qui secouent la ville sont de nature à remettre en question ce rang. L’économie de Bouaké repose sur l’agriculture, la pêche, le transport, le commerce, les banques te le tourisme. Bouaké concentrait jusque dans les années 1990, 15% des industries du pays dont l’usine de textile Gonfreville. Hormis le coton nous avons d’autres cultures comme le riz, le maïs, l’igname, la banane plantain… Dans le domaine du transport nous avons par exemple la Sitarail qui régule le chemin de fer et surtout UTB, la compagnie de transport interurbain la plus importante du pays. Enfin l’on relève un commerce très important notamment dans les petits services, un tourisme toujours d’actualité avec le carnaval et l’allocodrome entre autres et l’activité bancaire quoiqu’amoindrie à cause des crises à répétition (la casse de la BCEAO pendant la rébellion).

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Sport et culture

Bouaké fut un grand pôle culturel dans les années passées et l’est u peu moins aujourd’hui. Mais les vestiges de cette époque subsistent toujours et l’Etat tente de les réanimer. Il s’agit par exemple des cinémas comme le Capitol et Liberté. L’on y relève également l’existence d’un centre culturel appelé Centre culturel Jacques Aka. Concernant la musique Bouaké accueille régulièrement des shows dans son stade de football, mais également des festivals comme le FEMUA. En outre Bouaké connait un relatif succès dans le sport dont le football avec le passé glorieux de club comme l’ASC Bouaké et l’Alliance de Bouaké qui se sont affrontés en 2001, dans le Stade de la paix, pour la Coupe nationale.

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