RDC

Le scrutin de 2016 en RDC menacé

Le pouvoir en place et l’opposition sont engagés dans un bras de fer

La tenue du scrutin présidentiel en République Démocratique du Congo prévue pour le mois de novembre 2016 pourrait bien être menacée. Tout commence début 2015 en janvier, lorsque le président Kabila en fin de mandat tente de contourner les dispositions constitutionnelles du pays. Une série de violences émaille la RDC avec des appels à descendre dans la rue lancés par l’opposition pour dénoncer l’imposture de l’actuel chef de l’état. Ce dernier entend toujours briguer la magistrature suprême malgré l’interdiction brandie par les lois du pays. Dans cette atmosphère d’instabilité constante à laquelle le pays est en proie, il est à craindre un report de la prochaine échéance électorale au RDC.

Kabila piégé par la constitution

Le président de la République démocratique du Congo est pris au piège car un article important de la constitution suprême lui interdit de modifier les textes liés à la transition démocratique. Il s’agit de l’article de 64 de la nouvelle constitution adoptée en 2006 par le parlement congolais : « Tout Congolais a le droit de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’état. Elle est punie conformément à la loi ».  C’est en vertu de ce texte que Kabila au pouvoir depuis 2001 n’est pas en mesure de reformer les textes pour prolonger le nombre de mandats autorisés par la législation congolaise. Face à ce blocage, il a donc opté pour une nouvelle stratégie, celle du dialogue national.

Le dialogue national : une idée accueillie moins favorablement

Le gouvernement Kabila mise désormais sur la carte de la prudence. Il souhaite créer un cadre de concertation national pour trouver des compromis avec l’opposition. Mais cette tentative ne recueille guère le consentement des formations politiques du pays. Dans sa grande majorité, l’opposition appelle à un boycott de cette initiative lancée par le pouvoir en place. Au cours d’une entrevue à Paris le jeudi 10 décembre 2015, deux figures de l’opposition ont signifié leur désir de voir Kabila hors de la course au fauteuil présidentiel. Il s’agit de Félix Tshisekedi le principal opposant à Kabila et de l’ex-gouverneur de la province du Katanga Moïse Katumbi. Les deux hommes ont rejeté fermement le cadre de concertation national mis en place par le président. Ils envisagent même de s’unir pour barrer la route à un prochain mandat à Kabila. Cependant, une partie de l’opposition reste sensible à cet appel du gouvernement. Il s’agit de l’opposition république conduite sous la houlette de Léon Kengo Wa Dondo.

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