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Femmes dynamiques de Côte d’Ivoire: Interview avec Fadiga Massi

Femmes dynamiques de Côte d'Ivoire: Interview Fadiga Massi

 1- Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots pour ceux qui aimeraient en savoir d’avantage sur vous ?

Je suis madame Fadiga Massi épouse Diomandé, responsable du restaurant « la Paillote » dans la commune de plateau. Mariée et mère de deux merveilleux petits garçons.

2- Dites-nous en quelques mots comment vous avez débarqué dans la restauration ? Est-ce que vous pouvez nous résumer un peu votre parcours ?

La restauration est un boulot propre et noble, il faut aimer cuisiner pour pouvoir penser à faire un restaurant. Et j’ai toujours été addicte des petits plats, je passais la plus grande partie de mon temps à la cuisine, ça me faisait beaucoup plaisir de concocter des plats pour mes proches. J’étais aux Etats-Unis en tant que manager dans plusieurs restaurants, et les américains ont toujours été fiers d’une africaine aussi professionnelle, douée dans les plats de chez eux et de chez nous. J’ai fait plus d’une dizaine d’années aux Etats-Unis et je suis rentrée au pays il y’a environ cinq ans de cela, bourrée d’expérience dans le domaine de la restauration, des cantines et des affaires en particulier. Je suis une femme aujourd’hui qui peut tout faire dans ce métier. Quand tu as déjà collaboré avec les occidentaux, en l’occurrence les américains, après une formation rigoureuse, tu es capable de travailler dans tous les domaines de la restauration. Quand tu as vécu là-bas, tu sais tout faire. Je peux dresser de belles tables, faire de très beaux décors, mettre les couverts à l’anglaise, bien présenter les plats. Je pense que la restauration est un domaine où il faut savoir fidéliser les clients, et le client a toujours été roi chez moi.

3- Vous êtes aujourd’hui à la tête d’un restaurant dans la commune de plateau qui ne désemplit, est-ce que ç’a été facile pour vous d’en arriver là aujourd’hui ?

Pas du tout, parce que pour avoir un espace au plateau ce n’est pas évident, ç’a été très difficile pour moi de m’installer au plateau. J’ai eu affaire à des margouillats qui m’ont fait tourner çà et là. J’ai perdu des millions en cherchant un lieu pour m’installer. J’ai été grugée sur deux endroits. Le premier c’était en face de l’hôpital groupe médical du plateau (GMP), et le deuxième endroit en face de SUNU Assurance. J’ai perdu énormément d’argent avant de me retrouver là aujourd’hui. Quand je suis arrivé ici, j’ai su convaincre les gens pour transformer ce lieu et je l’ai renommé La Paillote, un milieu propre, aéré et paisible. Il ne fait pas chaud ici contrairement à la bâche jaune qui était là avant mon arrivée. Il n’y a pas de stress, la sécurité est présente, les clients mangent paisiblement.




4- Pour réussir dans ce métier, est-ce qu’il faut nécessairement passer par une école de formation ou il suffit juste d’avoir des talents en cuisine?

Bien sûr que tout le monde peut avoir du succès dans ce métier, et facilement ! Il faut avoir la tête sur les épaules, il faut être sure de soi, toutes les femmes sans exception peuvent se lancer dans la restauration, d’abord parce qu’on est une femme. Tout le monde peut se permettre de faire ce métier, il faut se faire confiance d’abord. Même la vendeuse d’aloco peut se lancer dans la restauration, il suffit juste d’avoir confiance en soi et en ses talents culinaires, en ses assaisonnements, parce que si tu comptes uniquement sur les autres, les gens vont te marcher dessus. Par exemple, si ton cuisinier a un gros deal à la présidence, il peut facilement te donner un faux rendez-vous et te laisser tomber. Et si tu ne connais rien à la cuisine tu es ‘‘foutue’’, si je peux m’exprimer ainsi. Donc moi, je ne compte que sur moi-même d’abord. Et quand les clients viennent dans mon restaurant, ils me trouvent déjà en tablier, c’est-à-dire déjà en service.

5- Vous êtes aujourd’hui un modèle de réussite pour beaucoup de femmes, aussi une source d’inspiration pour d’autres. Quels conseils avez-vous à donner à toutes ces femmes qui rêvent un jour de se prendre en charge comme vous ?

Vous savez, on ne compte plus trop sur les hommes de nos jours, et il est même dit que nous sommes désormais égaux. Donc cette situation d’autonomie nous a donné la force d’aider nos hommes aujourd’hui. Chaque femme doit être indépendante et surtout très entreprenante. Tous ce que les hommes font, les femmes peuvent peut le faire, et même en mieux. Je dis donc aux femmes d’avoir la tête sur les épaules, de savoir qu’elles peuvent tout faire. Oui on peut se battre, oui on peut faire mieux que les hommes, et comme Obama l’a si bien dit, « yes we can », alors aux femmes de mon époque, mon message est « yes we can ». L’homme peut t’aider à avoir un fonds de commerce, mais la femme peut tout aussi donner le fonds de commerce à son homme. J’invite donc mes sœurs à se lever, à se battre car nous pouvons y arriver. Si je suis arrivée là, c’est tout simplement parce que je n’ai jamais baissé les bras. Je suis toujours restée concentrée sur les objectifs que je me suis fixé. Avec mes douze années d’expérience professionnelle dans le domaine de la gestion des restaurants et cantines aux USA, je suis aujourd’hui en mesure de former des dames dans ce métier, de les accompagner et faire d’elles des restauratrices aguerries.

6- En plus de votre métier, est-ce qu’il y’a un autre secteur d’activité qui vous passionne ?

J’aime l’entrepreneuriat, pour l’instant je ne me suis pas encore lancé, mais j’ai déjà quelques idées. Je ne suis pas le genre de femme à rester trop assise dans les magasins à attendre les clients par exemple, j’aime les boulots ou je suis  en mouvement de façon permanente.

7- En dehors de la restauration, vous avez des loisirs, des passe-temps par exemple ?

J’emmène mes enfants à la piscine, je les emmène souvent dans les endroits de distraction ouverts aux jeunes, au manège par exemple. Moi personnellement, j’aime passer du temps au bord de la mer car je ne sais pas nager, mais j’aime bien prendre l’air. J’aime aussi les voyages, et j’ai même fait plusieurs pays. J’ai visité la France, les Usa et dans la sous-région j’ai fait le Burkina Faso, le Nigeria et le Sénégal.

8- Avez-vous l’intention ouvrir bientôt d’ouvrir d’autres restaurants dans les communes d’Abidjan?

Bien sûr, naturellement dans la commune de Plateau, pourquoi pas ? Je projette également de m’installer en bordure de mer, d’ouvrir mes restaurants sous la même enseigne. Si j’arrive à trouver un espace au bord de la mer, je le baptiserai ‘‘la paillote plage chez Massi’’, pour que les clients sachent toujours qu’il s’agit de l’un des espaces de restauration.

9- Notre interview touche malheureusement à sa fin, un dernier mot pour conclure?

En ce XIXème siècle, toutes les femmes doivent se dire que rien n’est impossible si elles le veulent vraiment. Se dire je peux faire ceci, j’ai envie de le faire et d’ailleurs je vais le faire. Rien ne doit pouvoir nous arrêter. Aujourd’hui, toutes les femmes peuvent se mettre à leur propre compte si elles bénéficient d’un appui financier. Mais nous ne devons plus avoir peur ou être timides.

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