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Manifestations des anglophones au Cameroun : plus de 100 personnes arrêtées à Bamenda

Les manifestations des camerounais anglophones contre le gouvernement se sont poursuivis du lundi au mardi dernier à Bamenda, commune située dans le nord-est du Cameroun. Protestants contre l’affectation d’enseignants francophones dans les établissements scolaires anglophones, plus de 100 personnes de cette communauté marginalisée par le gouvernement ont été arrêtés à Bamenda.

Les manifestations des anglophones au Cameroun ont déjà fait leur lot de victimes : 1 mort selon les autorités camerounaise alors que l’opposition parle de 3 victimes. Les enseignants camerounais anglophones sont entrés en grève le lundi 21 novembre 2016 pour protester contre l’envoi d’affectations des enseignants francophones dans des établissements où l’anglais est la langue dominante. A l’issue des deux jours de protestations qui ont eu lieu dans la commune de Bamenda majoritairement peuplée par les anglophones, plus de 100 personnes ont également été arrêtés par la police. L’une des principales revendications des enseignants grévistes est la nomination de « quelques enseignants anglophones aux postes importants ne ce qui concerne l’éducation nationale, parce que pour le moment il n’y en a pas », a confié à RFI Tasi Ntang Lucas, un ex-parlementaire et aussi figure de l’opposition camerounaise.

Une communauté marginalisée au Cameroun

« Le pouvoir est totalement insensible aux préoccupations. Sous prétexte d’harmonisation, il veut anéantir les systèmes éducatif et juridique anglophones. Ces systèmes doivent être respectés ! Mais les autorités ne veulent pas l’entendre », a expliqué Ngala Nfor, le président du SCNC, un mouvement qui demande depuis des années l’autonomie de la partie anglaise du Cameroun. Mais ces accusations ont vite été rejetées par le gouvernement camerounais, en l’occurrence par Issa Tchiroma Bakary le ministre de la communication qui affirme que « personne ne saurait être ostracisé, personne ne saurait être discriminé du fait de la langue parmi ces jeunes-là, à moins qu’ils ne soient alors instrumentalisés, à moins qu’on ne se serve d’eux comme levier pour des revendications purement politiciennes ». A côté de ces professeurs grévistes à Bamenda, les avocats camerounais dont l’anglais est la langue officielle sont eux aussi entrés en grève depuis le 11 octobre dernier pour demander la transcription des lois du pays dans la langue anglaise, en plus des textes français déjà existant. Mais pour l’heure, cette revendication n’a pas été satisfaite par les autorités camerounaises, encore moins celle des enseignants qui demandent le départ de leurs collègues francophones des établissements où l’anglais est majoritairement parlé.

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