Côte d’Ivoire : des opposants bientôt devant la Cour Pénale Internationale ?

Tensions politiques en Côte d’Ivoire – A l’approche de la présidentielle du 31 octobre en Côte d’Ivoire, des scènes de violences ont été signalées dans plusieurs localités du pays, notamment dans les villes de Bonoua ou encore Abengourou, ville natale du président du front populaire ivoirien Pascal Affi N’Guessan. Ce dernier n’a d’ailleurs pas été épargné par les scènes de violence, puisque sa résidence située dans sa ville natale a été prise à partie par des manifestants en colère. Déjà engagée dans une affaire en Côte d’Ivoire, la Cour Pénale Internationale n’a pas manqué de faire part de ses inquiétudes sur la nouvelle situation que traverse la Côte d’Ivoire.

Des opposants ivoiriens se retrouveront-ils devant la Cour Pénale Internationale après le scrutin présidentiel du 31 octobre ? Si la Côte d’Ivoire reconnait bien entendu la compétence de la Cour Pénale Internationale depuis des années, le pays s’est il y’a quelques années, opposé au transfèrement de l’ancienne première dame Simone Gbagbo devant la juridiction internationale. Le président ivoirien avait affirmé que plus aucun ivoirien ne serait transféré devant la Cour Pénale Internationale. Pour autant, cela n’empêche pas la Procureure de la Cour Pénale Internationale, de suivre d’après la situation socio-politique actuelle en côte d’Ivoire, à quelques jours de la tenue du premier tour du scrutin présidentiel du 31 octobre. Après avoir exprimé sa vive préoccupation dans un communiqué, la Procureure de la CPI n’exclut pas des poursuites contre les personnes qui incitent à la haine dans cette période électorale en Côte d’Ivoire.

«Dans un communiqué transmis ce mercredi à la presse et dont j’ai reçue copie, la Procureure Générale se dit « profondément préoccupée par les rapports publics et les informations reçues (…), faisant état d’une recrudescence de violences graves depuis plusieurs jours dans des villes de la Côte d’Ivoire à l’approche de l’élection présidentielle ». Madame Fatou Bensouda déplore  « particulièrement les allégations de violences intercommunautaires qui auraient causé la mort de plusieurs personnes, des blessés et des atteintes graves aux biens de la population civile », avant de prévenir que « Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale ». On peut noter de ce communiqué de la CPI que la haute juridiction judiciaire internationale est parfaitement au fait de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, puisqu’elle ne met nullement en cause le gouvernement et les forces de sécurité qui n’ont jusque-là été à l’origine d’aucune perte en vie humaine, encore moins a-t-on noter la moindre répression violente des manifestations de l’opposition.», nous révèle ce jour le journaliste africain Said Penda. La communauté internationale a également exprimé sa vive préoccupation face à la montée de la violence à l’approche du scrutin présidentiel ivoirien. L’escalade de la violence fait suite à l’annonce de la candidature de Ouattara Alassane, candidature qui a été validée par le Conseil Constitutionnel, la plus haute juridiction du pays. L’appel à la désobéissance civile lancée par l’opposition ivoirienne s’est également matérialisée par des scènes de violences dans plusieurs localités, notamment Abengourou où d’importants dégâts matériels ont été signalés. Pascal Affi N’Guessan, actuel président du front populaire ivoirien, a d’ailleurs vu sa maison être saccagée par des manifestants en colère.

L’opposition dans le collimateur de la CPI ?

«Par ailleurs, même si celle qui initie les poursuites à la CPI ne la cite pas directement, elle met en garde l’opposition dont les mots d’ordre et les propos tribalistes et xénophobes ont déclenché la vague de violences dans certaines localités. « Toute personne qui commet, ordonne, incite, encourage ou contribue de toute autre manière à la commission de crimes visés par le Statut de Rome est passible de poursuites devant les tribunaux de la Côte d’Ivoire ou devant la CPI » menace la Gambienne Fatou Bensouda.  Voilà qui sonne comme un avertissement de taille à l’endroit des opposants ivoiriens et leurs partisans.», a fait savoir ce mercredi le journaliste africain.

Vous pouvez aussi aimer