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Grève de la Fesci : violents affrontements entre étudiants et policiers à Cocody

Le calme est revenu sur le campus de Cocody en début d’après-midi mais la journée du lundi a été presqu’une journée de perdue pour les apprenants. Comme elle l’avait laissé entendre, la Fesci est passée de l’acte à la parole en mettant à exécution son opération boycott destiné à faire pression sur le gouvernement pour la satisfaction de certaines revendications.

La Fesci a entamé sa grève ce lundi comme cela avait été prévu lors de la dernière Assemblée Extraordinaire de l’association syndicale. Après une accalmie de quelques mois, la fédération estudiantine ivoirienne a relancé les hostilités avec le gouvernement, plus particulièrement avec les ministères chargés de l’enseignement supérieur et de l’éducation. De violents affrontements ont eu lieu ce lundi sur le campus de Cocody, des heurts qui ont une nouvelle fois opposé les forces de l’ordre à quelques étudiants membres de l’association syndicale. Pour contraindre les étudiants à plier, la police déployée à l’université de Cocody a été contrainte à l’usage de Gaz Lacrymogène. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un policier a même sorti son âme de service, évidemment pour des tirs de sommation. Un étudiant interpellé par les policiers a même été roué de coups sous le regard impuissant des autres syndicalistes forcés de reculer avec l’usage de la force par les policiers. Cette énième grève de la Fesci, lancée dans le cadre de l’opération boycott décidé après la dernière AG de l’association syndicale, a été initiée pour la mise en œuvre de plusieurs revendications restées insatisfaites depuis le début de la rentrée. La rentrée scolaire 2018 avait démarré sur fonds de crise, en raison du bras de fer qui opposait la Fesci à Kandia Camara. L’association syndicale avait perturbé les cours dans plusieurs établissements pour protester contre des frais supplémentaires qui auraient été appliqués aux frais normaux d’inscription. Mais les négociations entamées avec le gouvernement n’ont pas totalement résolu la question, d’où le lancement de l’opération boycott pour obliger le gouvernement à prendre en compte les revendications de la Fesci.

Des étudiants délogés de force

L’opération boycott a causé aussi des perturbations de cours en dehors du campus puisque certains étudiants des grandes écoles privées ont été délogés par les grévistes, dans les communes du Plateau et de Cocody. Après une première journée de manifestation, la fédération estudiantine n’a toujours pas dit si elle reconduisait son mot d’ordre de grève pour le mardi, mais rien n’est à exclure. A l’approche des examens de fin d’année, ce bras de fer pourrait avoir des répercussions sur le calendrier des examens, si les manifestations se poursuivent dans les jours à venir. Concernant l’enseignement secondaire, la Fesci milite également pour l’instauration des sessions de remplacement aux examens à grands tirages, histoire de donner une seconde chance à ceux et celles qui n’auront pas l’occasion de composer lors de la première session pour des raisons indépendantes de leur volonté.

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