Présidence de la République: «ces conditions d’éligibilité qui peuvent créer des frustrations» (Said Penda)

Conditions d’éligibilité en Côte d’Ivoire – Pour briguer la présidence de la République de Côte d’Ivoire, les candidats sont tenus de remplir les conditions requises par la Nouvelle Constitution. Parmi les conditions à remplir, il y’a bien entendu la caution présidentielle à verser. Mais à en croire le journaliste africain Said Penda, certaines conditions d’éligibilité inscrites dans la Constitution Ivoirienne sont susceptibles de créer des frustrations.

La Nouvelle Constitution ivoirienne établit clairement les critères d’éligibilité à la présidence de la République. Selon la Nouvelle Législation, aucune limite d’âge n’est fixée pour prétendre à la fonction présidentielle. C’est la raison pour laquelle Henri Konan Bédié, âgé de 86 ans, a pu faire acte de candidature à la présidentielle du 31 octobre dernier, une élection que le candidat du PDCI RDA boycottera malgré la validation de sa candidature par le Conseil Constitutionnel. En dépit de l’adoption d’une nouvelle Constitution, les conditions d’éligibilité à la présidence de la République en Côte d’Ivoire devraient encore être réexaminées. C’est en tout cas le sentiment partagé par le journaliste Said Penda. Ancien journaliste de BBC, l’homme de média a soulevé quelques points qui pourraient créer des frustrations chez certains ivoiriens, notamment l’article 43 de la Nouvelle Constitution qui stipule que le candidat à la présidentielle ivoirienne exclusivement de nationalité ivoirienne.

«Les conditions d’éligibilité à la présidence de la république, telles qu’édictées dans le code électoral modifié par ordonnance le 08 Avril 2020, comporte des dispositions susceptibles de créer des frustrations chez certains Ivoiriens. En précisant dans son article 43 que le candidat à l’élection présidentielle « doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine », l’on instaure de facto un système de discrimination entre citoyens naturalisés, les binationaux, et ceux dont au moins l’un des parents est d’origine Ivoirienne. Seuls les citoyens de cette dernière catégorie étant éligibles à la fonction de président de la république. Sont clairement exclus de la fonction de président de la république les binationaux, même dans le cas où ils seraient nés de père et de mère « Ivoiriens d’origine ». Dans un souci d’harmonisation de droits entre citoyens d’un même pays et de justice, et alors que la Côte d’Ivoire recherche des moyens pour se réconcilier, on ne devrait pas s’accommoder avec ce qui pourrait être vécu, par une partie de la population, comme une catégorisation des citoyens pouvant créer des frustrations inutiles… Différentes données démographiques –des Nations Unies et d’institutions de recherches nationales et internationales -indiquent que ceux que je qualifie d’ « Ivoiriens à la citoyenneté frustrée » constituent déjà prêt de la moitié de la population. Il s’agit des binationaux, des naturalisés et des Ivoiriens issus de l’immigration qui ont accédé à la citoyenneté par différents autres processus et canaux de naturalisation. C’est, à mon avis, un des premiers chantiers institutionnels auxquels devra se consacrer le président Ouattara, non pas dans une visée électoraliste, mais bien pour réparer une injustice en assurant l’égalité des droits à tous les citoyens de son pays. Un principe universel de droit veut qu’à égalité des devoirs, correspondent les mêmes droits.», déclare le journaliste ivoirien dans une analyse consacrée aux conditions d’éligibilité à la présidence de la République en Côte d’Ivoire.

«Un toilettage nécessaire»

«Certes, les conditions d’éligibilité aujourd’hui constituent une nette amélioration comparées à celle en vigueur sous bédié, Guéi et le criminel de guerre gbagbo, quand, dans une machiavélique stratégie, on avait exclu l’opposant redouté -Alassane Ouattara- et transformé ses électeurs supposés –les Ivoiriens du nord- en apatrides. La loi actuelle nécessité cependant un courageux toilettage vers une totale modernité et une égalité des droits entre tous les citoyens. J’entends ceux qui nous opposerons le cas des USA qui exige que l’on soit né sur le sol américain pour pouvoir candidater, ou même de l’Allemagne, un pays qui ne reconnaît pas la double nationalité.», fait savoir le journaliste africain dans son analyse.

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