Simone Gbagbo : «En 2010, Ouattara n’était pas éligible»

Présidentielle en Côte d’Ivoire – Simone Gbagbo n’a pas manqué de réagir à l’annonce de la candidature de Ouattara Alassane le 6 août dernier, lors d’une adresse à la nation. Pour l’ancienne première dame ivoirienne, la candidature de l’actuel chef de l’Etat n’est pas conforme à la constitution ivoirienne, une position partagée par la majorité des opposants politiques. Dans sa conférence de presse, l’ancienne première dame a invité le président actuel à prendre une loi d’amnistie pour permettre à Laurent Gbagbo d’être éligible et de figurer de nouveau sur la liste électorale.

Les révélations de Simone Gbagbo, ancienne première dame de Côte d’Ivoire, ont suscité de vives réactions au sein du RHDP parti unifié. Comme de nombreux politiques ivoiriens, l’ancienne première dame ivoirienne a déploré le changement de cap de Ouattara Alassane le 6 août dernier, lors d’une adresse à la nation. Alors qu’il avait renoncé à se présenter en octobre 2020 il y’a quelques mois, le président Ouattara a reconsidéré sa position, suite au décès de son premier ministre et candidat RHDP à la présidentielle , décès survenu à trois mois de la tenue de l’élection ivoirienne. Evoquant un cas de force majeur, le dirigeant ivoirien a répondu favorablement à l’appel de candidature des cadres et militants du RHDP. Outre les manifestations contre cette candidature, de nombreuses personnalités politiques, notamment de l’opposition, ont élevé une vive protestation contre la décision du président ivoirien.

Guérie de la covid-19, Simone Gbagbo n’a pas perdu de temps pour reprendre sa place dans l’arène politique ivoirienne. Comme de nombreux opposants, l’ancienne première dame n’a pas manqué de réagir à la candidature de Ouattara Alassane : «Le Président Alassane Ouattara dans son message à la nation du 6 août 2020, a annoncé sa propre candidature pour la prochaine élection présidentielle, revenant de la sorte sur sa parole disant qu’il ne briguerait pas un troisième mandat et que sa décision est prise depuis au moins 2 ans. Les arguments utilisés pour justifier le retrait du nom de Laurent GBAGBO de la liste électorale sont des arguments juridiques très discutables. D’ailleurs, le procès qui a conduit à cette condamnation est lui-même politique et injustifiable. Cela n’est pas honorable et cela n’est pas juste. En 2010, M. Alassane Ouattara n’était pas éligible. Le Président Laurent GBAGBO aurait pu adopter cette posture juridique pour s’opposer à sa candidature. Mais, pour sauver la paix et l’unité de la nation et par considération pour ceux de mes concitoyens qui le soutenaient, il est passé outre et a pris une ordonnance spéciale, le rendant éligible pour la circonstance…Ce 6 août 2020, expliquant son échec à trouver au sein de sa formation politique un jeune cadre capable de se substituer à feu Amadou Gon Coulibaly, son choix initial, le Chef de l’État, M. Alassane Dramane Ouattara a, dit-il <<pour des raisons de force majeure>>, décidé de se porter lui-même candidat à la prochaine élection présidentielle.», a fait savoir l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire.

Une candidature anticonstitutionnelle

«Il est bon de rappeler que la candidature de M. Alassane Ouattara est anti constitutionnelle. Nous le savons tous, cette candidature viole la constitution, au moins en son esprit, telle que formulée par les auteurs même de ce texte. En cela, nous ne disons rien de nouveau, puisque ses très proches collaborateurs, notamment l’actuel Ministre de la Justice, M. Sansan Kambilé, son Conseiller Spécial en charge des Affaires Juridiques et Institutionnelles, M. Cissé Bacongo, de surcroît, membre du Comité des experts commis à la rédaction de la Constitution, se fondant sur l’article 183 de la nouvelle constitution, se sont attelés à expliquer à l’Assemblée Nationale et sur des plateaux télés, que du point de vue de la Constitution actuelle, il était impossible à M. Alassane Dramane Ouattara de briguer un 3è mandat.», a déclaré l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire. Les femmes membres du RHDP parti unifié n’ont pas tardé à réagir aux propos de l’ancienne premier dame.

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