Dialogue politique : le RHDP recadre Henri Konan Bédié

Rencontre Ouattara Bédié – Après une première prise de contact, les deux personnalités politiques ivoiriennes ont convenu de se revoir pour de nouvelles discussions, dans le cadre du dialogue politique ivoirien. Mais le président du PDCI RDA pose déjà de nombreux préalables à la reprise des discussions. Pour l’ancien dirigeant ivoirien, le président Ouattara doit poser des actes allant dans le sens de l’apaisement avant de franches discussions.

La reprise du dialogue politique serait-elle déjà compromise en Côte d’Ivoire ? Si Henri Konan Bédié et Ouattara Alassane ont marqué leur disponibilité à se revoir pour des discussions franches, les lignes ont très peu bougé depuis la première entrevue entre les deux personnalités politiques ivoiriennes. Après une première rencontre aux allures d’une prise de contact, le président du PDCI RDA a posé plusieurs préalables à la poursuite du dialogue politique. Parmi les exigences du sphinx de Daoukro, la libération de plusieurs opposants récemment mis aux arrêts. Maurice Kacou Guikahué et le président du front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, figurent entre autres parmi les personnalités politiques récemment interpellés. Désigné comme membre du conseil national de transition, Pascal Affi N’Guessan fait l’objet de plus d’une trentaine de chefs d’accusation, selon la justice ivoirienne. La réponse du RHDP, la formation politique de Ouattara Alassane, aux exigences formulées par Henri Konan Bédié, n’aura pas tardé.

«…à travers un communiqué daté du vendredi 20 novembre 2020, le Président du PDCI-RDA a tiré à bout portant sur le dialogue amorcé avec le Président de la République et qui, selon ses propres termes, avait réussi à briser le mur de glace et rétablir la confiance avec le pouvoir.  Monsieur Henri Konan Bédié, qui a une large part de responsabilité dans les violences qui ont secoué le pays pose désormais des conditions pour poursuivre les négociations avec le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Il prend même le risque de suspendre de façon unilatérale lesdites négociations et subordonner leur reprise à la satisfaction de certains préalables dont la libération de toutes les personnes interpellées.  De toute évidence, il semble que le chef de file autoproclamé de l’opposition ait mal compris le sens des gestes de bonne volonté posés par le Président de la République qui, il faut le rappeler, a décidé de restituer à Monsieur Henri Konan Bédié l’intégralité de sa garde rapprochée, quand bien même certains éléments de sa sécurité auraient été surpris de connivence active avec les acteurs des violences.», a déclaré le parti présidentiel RHDP dans un communiqué de presse. Pour le parti présidentiel, l’opposition ivoirienne, menée par Henri Konan Bédié, aurait opté pour d’autres voix : «Au lieu donc de saluer les mesures de confiance instaurées par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA et de s’inscrire résolument dans le sens de l’apaisement, Monsieur Henri Konan Bédié, contre toute attente, préfère engager l’épreuve de force avec le pouvoir.  Pourquoi avoir accepté de rencontrer le Président Alassane Ouattara à l’hôtel du Golf le 11 novembre dernier, alors que Messieurs Guikahué, N’Dri Narcisse et consorts étaient déjà dans les liens de la détention, et faire aujourd’hui de l’exigence de leur libération immédiate, une condition sine qua non à la poursuite de ce dialogue ?»

Le RHDP met en garde l’opposition ivoirienne

«Le RHDP estime que les actes posés par Messieurs Guikahué, N’Dri Narcisse et autres sont connus de tous dans le déclenchement des violences électorales, qu’il importe de poursuivre les enquêtes à leurs égards et de faire connaître à l’opinion nationale et internationale leurs niveaux de responsabilité et d’implication dans lesdites violences… Le RHDP estime que les actes posés par Messieurs Guikahué, N’Dri Narcisse et autres sont connus de tous dans le déclenchement des violences électorales, qu’il importe de poursuivre les enquêtes à leurs égards et de faire connaître à l’opinion nationale et internationale leurs niveaux de responsabilité et d’implication dans lesdites violences.», lisons-nous dans le communiqué.

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